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TCHAD : LE SCANDALE DU TRAFIC D’ENFANTS

rappel : les enfants du Sahara et du Sahel ne sont pas à vendre

La démarche douteuse de l’ONG "ARCHE DE ZOE"

mardi 25 mars 2008 par Abdelbassit

Les 103 enfants "récupérés" la veille par les autorités tchadiennes à Abéché, principale ville de l’est du pays, alors qu’ils allaient être embarqués dans un avion à destination de la France par l’ONG française Arche de Zoé.

Neuf Français et trois espagnoles (membres de l’équipage d’un avion douteux) ont été arrêtés et inculpés pour enlèvement illégal d’une centaine d’enfants de l’est du Tchad et du Darfour est due à un "revirement des autorités tchadiennes", a estimé vendredi un membre de l’association qui a monté l’opération.

Les neuf Français - des membres de l’ONG et trois journalistes - interpellés jeudi à Abéché et soupçonnés par les autorités tchadiennes de "trafic d’enfants", étaient toujours en garde à vue vendredi matin, selon un responsable local qui a requis l’anonymat."L’enquête se poursuit", a-t-on ajouté de même source. Le président tchadien Idriss Deby Itno a déclaré vendredi que les responsables de l’opération seraient "sévèrement sanctionnés".

L’association Arche de Zoé affirme avoir monté cette opération, baptisée Children Rescue, afin de "sauver de la mort" des orphelins des troubles du Darfour et de les faire "accueillir" par des familles en France. Des candidats à l’adoption ayant déboursé 6.000 euros par enfants, attendent impatiemment l’arrivée des enfants. Les 103 enfants "récupérés" la veille par les autorités tchadiennes à Abéché, principale ville de l’est du pays, alors qu’ils allaient être embarqués dans un avion à destination de la France par l’ONG française Arche de Zoé. Il a qualifié l’opération de cette association d’"inhumaine", "impensable" et "inadmissible", a-t-on appris auprès de la présidence tchadienne.

La tentative "d’enlèvement" d’une centaine d’enfants originaires du Soudan et du Tchad est à la fois illégal et irresponsable, en violation de toutes les règles internationales, a déclaré vendredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). "Ce qui s’est passé au Tchad et la manière dont ça s’est passé est à la fois illégal et irresponsable. Ca s’est passé en violation de toutes les règles internationales", a souligné la porte-parole de l’Unicef, Véronique Taveau, devant la presse à Genève.

Selon la Convention de La Haye sur l’internationale de 1993, "dans le cas où des enfants seraient séparés de leurs parents à cause d’une guerre ou d’une catastrophe naturelle, on ne peut tenir pour acquis qu’ils n’ont plus aucun proche ni parents vivants", a rappelé la représentante de l’Unicef. "Ils ne peuvent donc pas être pris en compte pour l’adoption internationale et la Deux journalistes de France 3 et de Capa, ainsi qu’un membre d’un collectif photo, figurent parmi les Français arrêtés jeudi sous l’accusation d’avoir "enlevé" une centaine d’enfants, indiquent vendredi les médias et le collectif concernés. Marie-Agnès Peleran, journaliste à France 3 Méditerranée, a été arrêtée au Tchad où elle était en "congé humanitaire de solidarité", a indiqué la chaîne publique à l’AFP. "Dès jeudi à 22 heures, la direction de l’information de France 3 a saisi le Quai d’Orsay", a ajouté France 3 qui "souhaite que soit respectée la discrétion nécessaire dans cette affaire". L’agence Capa a fait état de son côté de l’arrestation d’un de ses journalistes, Marc Garmirian. Le directeur de Capa, Hervé Chabalier, a indiqué à l’AFP "être en contact avec le Quai d’Orsay". "Nous avons parlé avec notre journaliste Marc Garmirian, il est bien traité, il a été entendu et nous attendons des autorités tchadiennes qu’elles reconnaissent son statut de journaliste. Nous ne sommes pas organisateurs de quoi que ce soit", a-t-il dit.

Le secrétaire d’Etat tchadien à l’Intérieur Abderamane Djasnabaille a affirmé jeudi soir à l’AFP que les neuf Français étaient soupçonnés de "trafic d’enfants" et qu’ils avaient été placés en garde à vue à Abéché, la principale ville de l’est du Tchad. Ils ont été "remis" au procureur d’Abéché "pour faire toute la lumière sur cette affaire", a déclaré à l’AFP son collègue de l’Intérieur Ahmat Mahamat Bachir.

La secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, Rama Yade, a estimé que l’enlèvement d’une centaine d’enfants originaires du Darfour par l’association L’Arche de Zoé était "illégal et irresponsable", dans un entretien à Aujourd’hui en France/Le Parisien de vendredi. "Les enlever comme cela est - de mon point de vue - illégal et irresponsable", a déclaré Rama Yade, précisant que "dès le 22 juillet, toutes les ONG travaillant au Darfour que j’avais réunies ont été unanimes pour condamner cette opération". Selon la secrétaire d’Etat française, "on ne sait rien des conditions de regroupement de ces enfants. On ne connait rien de leurs origines, de leur nationalité et de la réalité de leur situation familiale et communautaire". Rappelant qu’elle avait saisi la justice jeudi matin pour "déterminer toutes les responsabilités de cette opération", Rama Yade a indiqué que "les responsables de cette association devront rendre des comptes". Auparavant, le ministère français des Affaires étrangères avait dénoncé "avec fermeté" l’opération. "Nous dénonçons avec fermeté les conditions dans lesquelles cette opération semble avoir été organisée", a déclaré le ministère dans un communiqué. "Une enquête pénale est actuellement en cours au Tribunal de grande instance de Paris pour faire la lumière sur ce dossier", avait ajouté le Quai d’Orsay.



Abdelbassit

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